FRANÇOIS Ier (1494-1547)

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FRANÇOIS Ier (1494-1547)

Roi de France. 11 L.S. «Francoys», janvier-avril [1515], à Jean de Selve, Premier Président de Rouen puis de Bordeaux, et Pierre de La Guiche, bailli de Mâcon, ambassadeurs en Angleterre; contresignées par Nicolas de Neufville (2) ou Florimond Robertet (9); 1 page in-4 ou in-fol. chaque, adresses. Importante correspondance aux ambassadeurs en Angleterre, sur la mort de Louis XII, son avènement au trône, et la négociation du traité de Westminster (5 avril 1515), renouvelant la paix et l'alliance entre la France avec l'Angleterre. Nous avons là les toutes premières signatures royales de François Ier. Paris 1er janvier. «Je vous advertiz que aujourduy, entre neuf et dix heures du soir le Roy [Louis XII] est allé de vie a trespas. A ceste cause differez vostre passaige pour aller en Angleterre jusques a ce que vous avez de mes nouvelles. Car de brief je vous manderay ce que vous aurez a faire»... 2 janvier. Il écrit au Roi d'Angleterre une lettre à lui remettre «avecques les meilleures et plus honnestes parolles que vous adviserez et men faictes avoir response le plus tostz que faire se pourra affin que selon ladite response jadvise ce quil sera de faire»... Copie jointe de la lettre de François Ier à Henry VIII lui annonçant la mort de Louis XII. 9 janvier. Cela fait huit jours que les ambassadeurs sont passés en Angleterre «pour parfaire le voiage et charge que le feu Roy que Dieu pardoint vous avoit ordonné», et il attend des nouvelles de la réaction d'Henry VIII à la mort de Louis XII. «Si on vous parle de la Royne [Mary Tudor, épouse de Louis XII] seur dudit Roy d'Angleterre vous respondrez a ceulx qui vous en parleront que jusques icy jay mis paine de la consoler honnorer et traicter le mieulx que possible ma esté et feray tant que je vivray, car elle la merité et merite, et davantaige pour honneur dudit feu Roy qui lavoit espousée et dudit Roy d'Angleterre de qui elle est seur. Je vouldroys et desire non seullement faire pour elle tout ce qui est requis pour la conservacion de ses droiz mais plus avant beaucoup»... 15 janvier. Il a reçu leurs lettres; il attend avec impatience la réponse d'Henry VIII à sa lettre... Lagny sur Marne 20 janvier. Il a vu la réponse du Roy d'Angleterre qui a «depesché le duc de Suffort [Charles duc de Suffolk] le doyen de Winnesore [Nicholas West, doyen de Windsor] et le debites de Calays [Richard Wingfield, Lord Deputy of Calais] pour venyr devers moy». Il envoie au devant d'eux le Seigneur de Bonnyvet pour «les conduire et amener quelque part que je soye». Il ordonne à La Guiche de prendre congé et de venir vers lui, et au Président de rester. Paris 16 mars. «Pource que je desire que les matieres pour lesquelles vous estes pardela preignent fin et quon les abrege, je vous envoye [...] instructions et pouvoirs pour besongner traicter et conclure avecques le Roy d'Angleterre ou ses commis et depputez paix amytié et alliance»... 22 mars. Longues instructions. Il a vu, par leurs lettres de Westminster, tout ce qu'ils ont fait et négocié avec le Roi et ses députés, et répond en détail sur divers points. Henry VIII ayant «desir davoir amytié et alliance avecques moy sur tous autres princes et que luy et moy qui sommes puissans Roys et jeunes de age faisons bien de penser avecques qui nous prendrons alliance», il répond qu'il veut «son amytié et alliance plus que mille autres», et veut la traiter et conclure... Quant au délai de 16 ou 17 ans prévu par le traité signé par Louis XII, il ne concerne que le paiement total de la somme prévue, et ce ne serait alors qu'une trève, et non un traité de paix et d'amitié qui doit être faite «de sorte quelle puisse durer non seullement temps preficé et lymité, mais pour le moins noz vies durant et ung an apres le trespas du premier decedant»... Ils doivent travailler à diminuer et rabattre une partie de la somme prévue... Il insiste sur la nécessité de restituer Tournai à la France... Quant à l'Écosse, il rappelle la «paix amytié et estroicte alliance» entre les Rois d'Écosse et ceux de France: «Il fault bien quon entende que moy qui suis nouvellement venu a la couronne ne me puis honnestement ne facillement despartyr des anciennes amytiez et alliances dudit Royaume»; il ne s'agit pas de faire la guerre, mais d'aider et favoriser ses alliés d'Écosse dans la défense de leurs états... Il approuve l'ajout d'articles «faisant mention de la seureté et bien des marchans et marchandises de noz Royaumes»... Il évoque ensuite la prochaine conclusion de la paix avec l'Archiduc prince de Castille [Charles Quint] et son mariage avec «ma belle seur Madame Renée»... Etc. 29 mars. Il accepte de signer le traité pour une durée de dix-sept années. Il exige la restitution immédiate de Tournai, et si besoin est contre la somme de 200.000 écus. Il faut que les Roi et Royaume d'Écosse soient nommés au traité, comme ils l'ont toujours été aux traités signés par ses prédécesseurs, en vertu de l'amitié et bonne alliance unissant «depuis neuf cens ans» les deux royaumes. Il évoque ensuite le prochain retour de la Reine Marie en Angleterre, et le renvoi en Écosse d'un navire... 3 avril. Longues explications sur le voyage en Écosse du duc d'Albany [John Stuart], rappelé par les Écossais «pour y exercer la Regence et gouvernacion»... Il insiste à nouveau sur la «comprehension audit traicté de paix et amytié des Roy et Royaume d'Escosse», sur la restitution de Tournai à la France, et parle encore du retour de la Reine Marie, et d'un incident concernant l'arrestation d'un courrier d'Angleterre... 5 avril. Le duc de Suffolk et les députés l'ont assuré «que le Roy d'Angleterre leur maistre estoit content de traicter paix et amytié avecques moy pour noz vies et que les Escossoys y seroient compris en la forme et manière quilz estoient au traicté qui fut fait avecques le feu Roy». Suit une longue explication sur l'Écosse: l'arrivée du duc d'Albany en Écosse pourrait être cause de la rupture du traité; Henry VIII prévoit un délai de trois mois pour que les Écossais viennent dans le traité, «durant lesquelz ledit Roy d'Angleterre promettra ne faire la guerre en Escosse par mer ne par terre ne donner aydes ne secours a la Royne sa seur [Margaret] directement ne indirectement, et de ma part que je pourray envoyer audit Royaume d'Escosse tel personnaige que bon me semblera, autre que ledit duc d'Albany, pour consoler les Escossoys et affin quilz ne pensent que je les vueille habandonner et pour mettre la paix entre eulx et les Angloys»... Etc. 11 avril. Il se réjouit que «vous avez conclud paix et alliance avecques les depputez du Roy d'Angleterre pour la vie de luy et de moy, et que combien que on vous eust fait plusieurs grandes difficultez pour la comprehension des Escossoys que ce neantmoins ils y avoient esté compris», et qu'ils doivent aller lundi «pardevers ledit Roy d'Angleterre pour luy veoir jurer ladite paix et alliance et aussi la jurer pour moy et en mon nom». Il en demande l'envoi pour la faire publier. Il pense que c'est par oubli que «le prince de Castille archiduc d'Autriche» [futur Charles Quint] n'y est pas nommé, et aimerait que son nom soit ajouté, car «jay fait et traicte amytié avecques luy et alliance de mariage»... La Reine Marie partira bientôt «honnorablement accompaignée et de princes et de princesses»... On joint 11 lettres, la plupart L.A.S., adressées aux ambassadeurs, et concernant les négociations: * lettre chiffrée (1 p. petit in-4); * Jehan de Serre (conseiller au Parlement de Rouen): 3 L.A.S., Paris 7, 16 et 20 janvier (8 p. in-fol.), sur la mort de Louis XII, les débuts du règne de François 1er, son départ pour Reims, etc.; * Étienne Poncher (évêque de Paris et garde des sceaux): L.A.S., Paris 9 janvier (1 page et demie in-fol.), sur le trépas du feu Roi et les premiers jours du règne de François Ier; * Florimond Robertet (trésorier de France): 4 L.A.S., Paris 16 janvier, 21 et 19 mars, et 3 avril (5 p. in-fol.), instructions pour la négociation du traité; * Macé de Villebresme (diplomate et poète): L.A.S., Paris 3 mars (1 p in-fol.) contant son entrevue avec le Roi à qui il a remis les lettres des ambassadeurs; * Antoine Duprat (chancelier): L.A.S., Paris 16 mars (1 p. in-4), sur l'envoi des pouvoirs pour signer la paix
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