Théodore GERICAULT (Rouen 1791 - Paris 1824)

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Théodore GERICAULT (Rouen 1791 - Paris 1824)

La course de chevaux libres à Rome Crayon noir, lavis brun et rehauts de blanc 13,5 x 23 cm Provenance : Collection Marcotte puis par descendance ; Collection Monsieur et Madame de ..., Mme née de La Maisonneuve, Paris 1953. Expositions : Géricault, Londres, Marlborough, 1952, n° 46, reproduit pl. XI ; Théodore Géricault, Winterthur, Kunstmuseum, 1953, n° 160 ; Gros, Géricault, Delacroix, Paris, Galerie Bernheim Jeune, 1954, n°50 ; Géricault dans les collections privées françaises, Paris, Galerie Claude Aubry, 1964, n° 67, reproduit ; Master Drawings by Géricault, Washington, International Exhibition Foundation, 1985 - 1986, n° 32; Dessins romantiques français, Paris, Musée de la vie romantique, 201, n° 5, reproduit. Bibliographie : Ph. Grunchec, Tout l'oeuvre peint de Géricault, Milan - Paris, 1978, n°114/1, reproduit; Catalogue de l'exposition Géricault, Rome, Villa Médicis, 1979 - 1980, p. 212, reproduit fig. A ; L. Eitner, Géricault, his Life and Work, Londres 1983, pp. 126 - 127, reproduit fig. 112; G. Bazin, Géricault, Tome IV, Paris, 1990, n° 1353, reproduit ; Catalogue de l'exposition Géricault, Paris, Grand Palais, 1991 - 1992, sous le n° 123. Notre dessin est très proche d'une petite huile conservée au Getty Museum de Los Angeles (voir Catalogue de l'exposition Géricault, Paris, Grand Palais, 1991 - 1992, n° 123, reproduit et Catalogue de l'exposition Dessins romantiques français provenant de collections privées parisiennes, Paris, Musée de la vie romantique, 2001, n° 5 reproduit fig. 1, p. 26). Cependant notre oeuvre est d'un format plus important et la scène est agrandie. Ainsi, nous pouvons remarquer plusieurs personnages supplémentaires sur la droite du dessin, qui ne figurent pas sur la toile. Lors de son séjour en Italie en 1816 - 1817, durant la même période que Stendhal, Géricault eut le projet d'un grand tableau sur le thème de la Mossa ou courses des chevaux libres ou barbes (barberi). Il ne devait jamais réaliser cette oeuvre. Par contre il exécuta une vingtaine d'esquisses peintes, dont seules quelques unes subsistent, et multiplia les dessins (voir catalogue de l'exposition Géricault la folie d'un monde, Lyon, Musée des Beaux Arts, 2006, cat. 19 à 26, reproduits fig. 86 à 91). Géricault qui venait d'échouer au Prix de Rome, et qui pensait alors ne pas être reconnu de ses pairs, réalisa le tour d'Italie à ses frais. Il en revint peu satisfait, contrairement à ses contemporains. Ses goûts et sa quête de modernité le poussèrent à observer davantage les scènes de rue, la vie quotidienne, que les vestiges antiques. Il assista à la Mossa en février 1817. La Mossa avait traditionnellement lieu sur le Corso, entre la Piazza del Popolo et le Palazzo de Venezia, en conclusion du Carnaval romain. Quinze à vingt chevaux à demi - sauvages, libres, c'est-à-dire sans cavaliers, prenaient part à cette course très populaire, selon un rituel minutieusement établi depuis plusieurs siècles. L'appellation de Mossa provient du nom de la loge tapissée placée au départ, et depuis laquelle les notables romains assistaient à la course. Les chevaux, selon un ordre tiré au sort, sans aucun harnachement, piaffent, retenus derrière une corde par leurs palefreniers, puis s'élancent. La course n'est pas sans violence, les accidents mortels ne sont pas rares. La chute d'un cheval entraîne celle des autres et il arrive que la foule se fasse piétiner. A l'arrivée Piazza de Venezia, une toile est tendue pour contenir les chevaux et le vainqueur est proclamé. Cette fête, disparue depuis, frappait les nombreux artistes qui étaient alors de passages à Rome. Goethe en donna une description en 1787 dans son Journal d'Italie. Horace Vernet traita le sujet en 1820, connu aujourd'hui uniquement par sa gravure et une esquisse conservée au Metropolitan Museum de New York. Berlioz s'en inspira pour son Carnaval romain. Un sujet alliant cheval et scène de rue populaire ne pouvait que plaire à Géricault. Plutôt que de représenter la course en elle-même, Géricault choisit le moment des préparatifs qui lui permet d'exprimer une tension extrême, le combat entre un fougueux cheval et l'homme qui tente de le maîtriser. Il hésita constamment entre les deux options possibles : soit il traitait son sujet à la manière antique à l'instar de Dell Era ou Bossi. Soit il rapportait une scène contemporaine en témoin, à l'exemple de Pinelli. (voir voir catalogue de l'exposition Géricault, Paris, Grand Palais, 1991 - 1992, pp. 98 à 107, reproduits n° 164 à 177). On admet que la première étude sur toile, conservée aujourd'hui à la Walters Art Gallery de Baltimore, est à valeur « documentaire » sur le déroulement de la course, c'est-à-dire qu'elle relève de la seconde option, (voir P. Grunchec, n° 106, reproduit). Il devient difficile de discerner les véritables intentions de Géricault en étudiant les projets suivants, ni même d'établir une classification. Géricault, ainsi que le démontrent la majorité des dessins d'études, prit ensuite volontairement le parti de donner un aspect classicisant à son oeuvre, enlevant toute référence contemporaine permettant de situer l'évènement dans l'espace et le temps et le rapprochant sans doute des frises du Parthénon redécouvertes en 1806. C'est cette option qui apparait clairement dans la composition du Louvre (P. Grunchec n° 115, reproduit) et qui serait sans doute le projet définitif arrêté par Géricault. Le tableau frappe par son dépouillement. Géricault a en effet gommé tout le côté anecdotique, souhaitant rattacher son projet à la simplicité dépouillée d'un bas - relief antique. D'après les témoins, le sujet était ambitieux, la toile finale devant mesurer plus de dix mètres. De même qu'il est difficile de cerner les véritables intentions du peintre, il est nous est impossible de connaître les causes de l'abandon de ce projet.
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