Atelier français actif dans le Nord de la France, vers 1530 - Lot 143

Lot n° 143
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Estimation :
5000 - 7000 EUR
Atelier français actif dans le Nord de la France, vers 1530 - Lot 143
Atelier français actif dans le Nord de la France, vers 1530 La Crucifixion et la Résurrection du Christ Deux panneaux en pierre creusé en fort-relief. Dim. Crucifixion : 79 x68 x 16 cm et Dim. Résurrection : 80 x 68 x 16 cm (Accidents et manques). Provenance : collection privée bretonne Littérature en rapport : -Flaminia Bardati et Tommazo Mozzati, « Des collines florentines à Tours, Antoine Juste et sa famille », in La sculpture française du XVIe siècle, Études et recherches , le Bec en l'air édition, pp.167-181, 2011 ; - Marion Boudon Machuel, « Antoine , Jean et André juste à Tours », ss dir . B. Chancel-Bardelot, P.Charron, P.G.Girault, J.M. Guillouët, Tour 1500, Capitale des arts, catalogue de l'exposition tenue du 17 mars au 17 juin 2012, notices 40 à 59, pp.200-229. -André Mussat, La Renaissance en Bretagne, Châteaulin, ed d'art Jos le Doaré, 1961 Nous remercions Madame Marion Boudon-Machuel, Professeure en Histoire de l'art moderne à l'Université de Tours et Monsieur Jean Beuvier, docteur en histoire de l'art, spécialiste de l'ornement sculpté à la Renaissance, pour leurs observations et conseils. Ces deux panneaux de retables creusés en fort relief présentent les scènes néotestamentaires de la Crucifixion et de la Résurrection du Christ. Les personnages ont tous été mutilés, à l'exception de la Vierge, mais la grande qualité de la sculpture est toujours perceptible. Malgré ces dégradations, les deux scènes présentent encore un foisonnement de détails. La scène de gauche présente la Crucifixion, la Vierge en pamoison dans les bras de Jean et Madeleine agenouillée, Longin et les cavaliers au pied de la croix. Dans celle de droite le Christ surgit triomphalement de son tombeau ouvert par un ange et encadré par les soldats romains sortis brusquement de leur sommeil. La cuve du tombeau est ornée d'un médaillon dans lequel est représenté un chasseur mettant en joue une proie. L'iconographie des deux scènes est encore toute médiévale, mais le répertoire décoratif des encadrements témoigne de la diffusion de l'esthétique décorative de la première Renaissance italienne. Les pilastres étaient coiffés de chapiteaux ornés de palmettes. La seule face antérieure encore existante présente une chute d'ornements qui alternent bouquets de feuilles, tête de profil d'un héros antique, gants en sautoir et un plastron transpercé d'une épée. Sur la face interne du pilastre se succèdent des disques et des losanges, ce dernier motif également repri sur le soubassement. A l'extérieur du pilastre tombe une chute de perles alternant avec des fleurs à trois pétales, un ruban, des candélabres. Nos deux scènes sont associées grâce à leur partie supérieure ornée d'une frise à motifs de palmettes continue. Ce type d'encadrement dont l'un des plus spectaculaires encore conservés n'est autre que celui du relief de Saint Georges destiné au Château de Gaillon (vers 1508-1509) est révélateur de la diffusion de l'italianisme en France au tournant du XVe siècle. A la fin du XVe siècle, les échanges se sont multipliés entre le royaume de France et les territoires transalpins, encourageant la venue d'artistes italiens en France. L'art italien renaissant s'impose en France et façonne un nouveau goût, notamment par le biais de Georges d'Amboise, cardinal et archevêque de Rouen en 1498, considéré comme l'un des promoteurs de la première Renaissance italienne en France. Pour son chantier du château de Gaillon, le cardinal s'est en partie adressé à des sculpteurs venus de Florence et actifs en Touraine, Jérôme Pacherot et les frères Antoine, Jean et André Juste. Cette famille a fortement contribué au rayonnement des motifs italianisants depuis le coeur de la Touraine, en passant par la Basilique de Saint Denis (tombeau de Louis XII et d'Anne de Bretagne) et jusqu'au Nord de la Bretagne. C'est en raison de la proximité géographique entre le tombeau de l'évêque Thomas James exécuté en 1507 par Jean Juste dans la cathédrale de Dol de Bretagne et le lieu de conservation au XXe siècle de nos deux reliefs en pierre que l'hypothèse d'une attribution à l'Atelier des Justes a été préalablement avancé. Cette oeuvre monumentale a irrigué le duché breton du Quattrocento italien importé par les frères Justes bien que la région ait été déjà fortement liée au Royaume de France depuis le mariage d'Anne de Bretagne avec le roi Charles VIII. Cependant l'agencement simplifié des motifs décoratifs et l'association de costumes à l'antique et contemporains au XVIe siècle font pencher pour une création d'un atelier français qui aurait assimilé la leçon italienne. Les détails vestimentaires des soldats « romains » et du chasseur agenouillé dans le médaillon du tombeau du Christ répondent à la mode masculine des années 1530 et principalement, nous semble-t-il, celle en vigueur en Allemagne. Les ennemis du Christ triomphant r
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