Paul BARRAS (1755-1829) homme politique, conventionnel (Var), membre du Directoire

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Paul BARRAS (1755-1829) homme politique, conventionnel (Var), membre du Directoire


MANUSCRIT autographe; 2 pages in?fol., sur feuillet de registre administratif; sous cadre.
Remarquable témoignage sur son rôle dans la chute de Robespierre le 9 thermidor (28 juillet 1794), et récit de la visite que Barras effectua le lendemain aux prisonniers du Temple Louis XVII et sa soeur Madame Royale.
“Thermidor nommé gal en chef. Mise hors la loi de ROBESPIERRE HANRIOT [...] occupation du comité de Sûreté gale [...] prise des canons devant la porte du palais et retournés contre la convention [...] Hanriot se retire à la Commune [...] Je rassurai la convention sur nos dispositions. Je n'avais alors que 4 pieces de canon et à peine trois cens hommes. Ma situation était périlleuse. Il fallait vaincre ou périr”. Il réussit à “rassembler 4 mille hommes avec 30 pièces de canon. Je marche à la Commune bien convaincu quil ne faut pas tirer un coup de fusil”...
Prévenu par le Comité de Salut public qu'on craignait “l'évasion des prisonniers du Temple”, Barras se rend à la prison au Temple: “Je trouvai le jeune prince [LOUIS XVII] dans un lit à berceau, au milieu de sa chambre. Il était assoupi. Il s'éveilla avec peine. Il était revêtu d'un pantalon et d'une veste de drap gris. Je lui demandai comment il se trouvait et pourquoi il ne couchait pas dans le grand lit. Il me répondit mes genoux sont enflés et me font souffrir par intervalles lorsque je suis debout, le petit berceau me convient mieux. J'examinai ses genoux. Ils étaient très enflés ainsi que les chevilles et peu les mains. Son visage était bouffi, pâle. Après lui avoir demandé s'il avait ce qui lui était nécessaire, et l'avoir engagé à promener, j'en donnai l'ordre aux commissaires et les grondai sur la mauvaise tenue de la chambre. Delà je montai chez Mme [MADAME ROYALE], elle était habillée de bonne heure et debout. Sa chambre était propre. Le bruit de la nuit vous a sans doute éveillée, lui dis-je. Auriez-vous quelques réclamations à me faire et vous donne t'on ce qui vous est nécessaire. Mme me répondit qu'oui, qu'elle avait entendu le bruit de la nuit, qu'elle me remerciait et me priait de faire prendre soin de son frère. Je l'assurai que je m'en étais déjà occuppé. Je me rendis au comité de Salut public, l'ordre n'a point été troublé au Temple mais le prince est dangereusement malade, j'ai ordonné qu'on le fît promener et fait appeller M. Dussaud [le médecin Pierre-Joseph DESAULT]. Il est urgent que vous lui adjoigniez d'autres médecins, qu'on examine son état et qu'on lui porte tous les secours que commandait son état, le comité donna les ordres en conséquence”...
Ancienne collection Patrice HENNESSY (1958, n° 110).
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