Suite de quatre fauteuils cabriolet à dossier...

Lot 255
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9 000 - 12 000 EUR

Suite de quatre fauteuils cabriolet à dossier...

Suite de quatre fauteuils cabriolet à dossier rectangulaire en hêtre mouluré, sculpté et anciennement redécoré à l'imitation de l'acajou, du bronze doré ou patiné; les dossiers à colonnettes finement cannelées et à feuilles d'eau surmontées de pommes de pin. Consoles d'accotoirs de forme balustre; dés à rosaces; pieds fuselés à bagues godronnées et feuilles d'eau. Estampille de J-B. DEMAY Epoque Directoire. Garniture de tissu rouge à croisillons et passementerie. H: 95 - L: 59 - P: 51 cm La carrière de Jean-Baptiste-Bernard Demay s'est déroulée en parallèle de celle de l'un de ses confrères les plus célèbres: Georges Jacob, pour qui il fut l'un des concurrents les plus sérieux. En effet, après son accession à la maîtrise en 1784, Demay se distingue de la plupart des autres artisans en sièges parisiens par ses réalisations néoclassiques aux compositions équilibrées et à la sculpture délicate; voir notamment un mobilier de salon, anciennement dans la collection de la marquise de Ganay, qui appartient aux collections du Metropolitan Museum of Art à New York (F.J.B. Watson, The Wrightsman Collection, Volume I, Furniture, 1966, p.68-69, catalogue n°48). Il semble également qu'il pourrait être l'initiateur de la création de l'un des modèles de sièges les plus originaux de l'époque à dossier «montgolfière», dont une paire de chaises de ce type est conservée au musée Carnavalet à Paris (parue dans A. Forray-Carlier, Le mobilier du musée Carnavalet, Dijon, 2000, p.198). Sous le Directoire et le Consulat, le menuisier conserve une grande activité et développe de nombreux modèles de sièges, qui dévoilent parfois l'originalité de l'artisan; voir notamment un grand siège curule conservé au musée Carnavalet (voir D. Ledoux-Lebard, Le mobilier français du XIXème siècle, dictionnaire des ébénistes et menuisiers, Paris, 2000, p.159) et deux chaises illustrées dans F. de Salverte, Les ébénistes du XVIIIème siècle, Paris, 1985, planche XVI; et sont souvent relativement proches de certains modèles sortis de l'atelier des frères Jacob, eux-mêmes ins­pirés par les projets du temps, notamment ceux de Dugourc et des architectes Percier et Fontaine. Les quatre fauteuils que nous présentons furent menuisés par Demay dans ce contexte particulier et se distinguent par leur dessin parfaitement équilibré. Jean-Baptiste-Bernard Demay (1758-1848) figure parmi les plus importants menuisiers parisiens du dernier quart du XVIIIème siècle et des premières années du siècle suivant. De par son mariage avec Claudine-Jeanne Sené, il entre dans l'une des grandes familles du siège parisien et est admis à la maîtrise en février 1784. Installé dans un premier temps Grande-Rue du Faubourg Saint-Antoine, vers 1806 il prend la direction de l'atelier de son beau-père situé rue de Cléry. Il fait faillite en août 1809, mais obtient son concordat quelques mois plus tard et reprend son activité. En 1811 le Garde-meuble impérial lui passe commande de nombreux sièges; néanmoins il semble que, dès 1814, il rencontre de nouvelles difficultés, car il figure cette année-là dans les mauvaises créances lors de la faillite de son confrère Jean-Wendelin Weber. Après s'être retiré des affaires, il déménage rue du Faubourg Saint-Martin et meurt le 14 mars 1848. De nos jours certaines de ses réalisations fi­gurent dans les collections publiques françaises, notamment au Mobi­lier national, au musée national du château de Versailles et au Ministère des affaires étrangères.
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