Régulateur de parquet marqueté en larges frisages d'amarante - Lot 159

Lot n° 159
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Estimation :
12000 - 18000 EUR
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Résultat : 15 456EUR
Régulateur de parquet marqueté en larges frisages d'amarante - Lot 159
Régulateur de parquet marqueté en larges frisages d'amarante soulignés de doubles filets de laiton ; de forme violonée, la tête contenant le mouvement, la platine signée «François Duchesne à Paris», elle présente un cadran émaillé postérieur indiquant les heures en chiffres romains, les minutes par tranches de cinq et les quantièmes en chiffres arabes, et porte également un cadran auxiliaire pour les secondes. Riche décor de bronze ciselé et doré, à l'amortissement une allégorie du Temps, mascaron de Chinoise, crosses feuillagées, rosaces... Attribué à Charles Cressent. Époque Régence. H : 226 - L : 59 - P : 18 cm Bibliographie : - Alexandre Pradère, Charles Cressent sculpteur, ébéniste du Régent, Editions Faton, Dijon, 2003, p.305, catalogue n°265 (illustré sous la figure 264). - Sophie Mouquin, Pierre IV Migeon 1696-1758, Au coeur d'une dynastie d'ébénistes parisiens, Les éditions de l'Amateur, Paris, 2001, p.118 (illustré). Bien qu'il ne porte ni signature, ni estampille, cet important régulateur peut être rattaché sans équivoque à l'oeuvre de Charles Cressent. En effet, sa composition générale, les essences de bois de placage employées, ainsi que son décor original de bronze ciselé et doré, sont autant d'éléments déterminants permettant une telle attribution. L'oeuvre biographique consacré à cet artisan par Alexandre Pradère étudie méthodiquement la carrière de Cressent qui, parallèlement à la réalisation «classique» de meubles tels que des commodes, bureaux plats, bibliothèques, encoignures, armoires, médailliers...se spécialisa également, à l'instar de son célèbre confrère André-Charles Boulle (1642-1732), dans la confection de bronzes d'ameublement et de sculptures essentiellement commandés par les grands collectionneurs pour lesquels Cressent travaillait et qui démontrent son exceptionnelle créativité et la qualité toujours irréprochable de ses fontes. Cela lui valut de nombreux conflits avec la c or por a t ion des maîtres bronziers régie par les lois strictes des anciennes corporations parisiennes et dont les membres détenaient l'exclusivité du travail du bronze. Toutefois, Cressent continua à fondre ses propres modèles de bronzes dans son atelier, ce qui lui permit notamment d'en protéger la propriété. Cette particularité, certainement obtenue et conservée grâce à l'appui des puissants commanditaires de Cressent tel que le Régent, confère aux réalisations de l'ébéniste-sculpteur une esthétique ornementale ou sculpturale si particulière qu'elle en est sa véritable signature. Dans le domaine de l'horlogerie, Cressent appliqua ces mêmes principes décoratifs en privilégiant les jeux des placages ou de marqueterie agrémentés de bronzes dorés ou vernis superbement ciselés. Il sut également parfaitement s'adapter au renouveau des arts décoratifs de la fin du règne de Louis XIV en concevant des caisses de pendules, de cartels et de régulateurs, qui participèrent à la renommée exceptionnelle qu'il connut sous la Régence et dans les premières décennies du règne de Louis XV. Concernant plus précisément les régulateurs, l'ébéniste confectionna un type de caisses violoné qu'il déclina principalement en trois différents types en variant les bois de placage, essentiellement amarante et satiné, et en jouant habillement sur l'ornementation de bronze. De nos jours, une quinzaine d'exemplaires est répertoriée et appartient aux plus importantes collections privées et publiques internationales. Le premier type est agrémenté de deux têtes de Borée sous le cadran et d'une figure sculpturale du Temps à l'amortissement ; de ce modèle citons notamment les deux exemplaires qui appartiennent aux collections de la reine d'Angleterre (illustrés dans C. Jagger, Royal Clocks, The British Monarchy & its Timekeepers 1300-1900, Londres, 1983, p.126, figs.169-170) ; ainsi qu'un troisième qui est exposé au Musée du Louvre à Paris (reproduit dans D. Alcouffe, A. Dion-Tenenbaum et A. Lefébure, Le mobilier du Musée du Louvre, Tome 1, Editions Faton, Dijon, 1993, p.124, catalogue n°38). Soulignons également qu'une horloge de ce modèle fut proposée aux enchères à Paris en février 1761, lors de la dispersion de la collection du puissant trésorier de la Marine Marcellin-François de Selle, grand amateur des oeuvres de Cressent : «Une pendule à secondes, très estimée des connaisseurs, faite par Ferdinand Berthoud ; elle marque les équations par elle-même, seconde minute d'équation, le tout concentré ; sa boîte qui a 6 pieds et demi de haut, est garnie de bronzes dorés d'or moulu, de la composition du sieur Cressent ; au-dessus de la boîte qui renferme le mouvement, est représenté une figure ailée représentant le temps, tenant sa faulx ; cette figure est de ronde bosse, d'un beau modèle et parfaitement bien réparée ; deux têtes en relief qui représentent des vents, sont au-de
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