[Anatole FRANCE] Léontine Arman de CAILLAVET

Lot 325
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600 - 800 EUR

[Anatole FRANCE] Léontine Arman de CAILLAVET

19 L.A. (dont 3 signées), [vers 1888-1909, à Anatole France]; 48 pages in-8 ou oblong in-12, la plupart à son chiffre (un deuil).
Témoignage d'une liaison passionnée.
7 février. Elle applaudit à son courage, «ajoutant pour vous paraphraser une belle page à l'histoire de la philosophie [...], je tiens à célébrer avec les plus fervents votre noble indépendance d'esprit et cette magistrale éloquence dont nulle cabale n'arrêtera l'essor »... 27 mai. Elle se réjouit de recevoir une dépêche: «toutes les misères ne sont rien auprès de cette horreur de l'absence et de l'incertitude»... [Juillet-octobre 1888], effusions amoureuses: «je ne suis pas raisonnable tu le sais bien toi, et puis je t'aime trop» (mercredi soir)... «je suis heureuse, comment ne pas l'être puisque tu m'aimes, et que pour moi tu réserves toute la joie toute la beauté et tout le bonheur du monde» (jeudi matin)... «Souviens- toi, l'intimité est douce avec moi, notre bonheur était enivrant » (vendredi matin)... «Mon chéri tu as emporté tout ce qui faisait le prix de la vie pour moi, tu as décoloré tout ce qui n'est pas toi, tu es ma joie et ma torture, je t'aime de toute la faiblesse que tu as mise en moi, mais mon amour est plein de révoltes et de méfiances» (lundi)... Elle se plaint de leur séparation, accuse son amant de la faire souffrir «abominablement» (jeudi soir)...
Jeudi [Stuttgart 19 septembre 1889]. «Vois si je suis folle mon bien-aimé [...]. J'adorerais sentir ma chair mordue par un cilice que je porterais par amour de toi. Pour toi je souffrirais avec bonheur toutes les épreuves, quant à te sacrifier des plaisirs est-ce que j'en conçois en dehors de ceux que tu me donnes ? Tu es toute ma vie et toute ma joie»... [Capian 30 juillet 1891]. «Je t'aime infiniment il me semble que je ne t'ai pas vu depuis un siècle. Et tu m'apparais avec une douceur infinie. Écris-moi je ne vis qu'en toi»...
Une lettre très exaltée semble correspondre à la révélation de la liaison de France avec Jeanne Brindeau [1909]: «tant que j'aurai un souffle, une pulsation, une voix, ce sera pour t'appeler, te désirer, te disputer. [...] l'enfer lui-même ne peut prévaloir contre nous. [...] nous avons rencontré la seule raison d'être de la vie, un amour qui peut tout noyer, tout abîmer dans la plénitude et dans sa gloire»... Cependant une lettre de France la remplit de désespoir et de terreur: «Je te fais horreur n'est-ce pas, tu ne peux plus penser à moi. Ce que je craignais se réalise, je suis maudite !»...
On joint une carte postale du Château Caillavet à Capian.
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