Jean COCTEAU

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Jean COCTEAU

9 L.A.S. «Jean», dont 2 avec dessin, [1928]-1961, à André et Simone Maurois; 10 pages in- 4, 6 enveloppes (2 lettres avec étiquettes collées au dos, traces d'adhésif au dos du dessin).
Bel ensemble avec deux lettres illustrées, notamment autour du discours de réception à l'Académie française, où Cocteau est reçu par Maurois.
[1928]. «Maurice Sachs me demande de l'appuyer auprès de vous au sujet d'une édition avec la maison Fourcade qui essaie de fonder une librairie moderne accessible aux étudiants. [...] c'est avec lui et les 4 chemins que j'édite mon prochain livre: Le Mystère laïc»... 14 mars 1955. «Bien que confuses et incomplètes les oeuvres de Suisse [Marguerat] contiennent tout de même pas mal de choses introuvables. [...] vous serez, j'en suis certain, le premier à tendre ce fil rouge qui traverse l'ensemble et que la terrible frivolité de Mauriac ignore. [...] une oeuvre de poète est un organisme et non sa physionomie. Le disparate n'est que de surface. Je n'ai jamais rien écrit sans m'astreindre à fermer derrière moi la porte à triple tour. Un seul objet vu chaque fois sous un autre angle. Il me semble incroyable qu'on m'accuse de refléter ceci ou cela et je voudrais qu'on me montre des oeuvres comparables à Orphée, aux Enfants terribles, à La Machine infernale, à l'Essai de critique indirecte etc. Qu'on me montre un poème qui s'approche de L'Ange Heurtebise de Léone ou de La Crucifixion ou Chiffre 7»... Le verso de la page est recouvert d'ajouts, dans tous les sens: «L'excuse de ces jugements hâtifs c'est que nos juges ne lisent pas et ne se rendent pas compte que ces objets s'emboîtent les uns dans les autres et peuvent en former un, total. [...] Je peux dire honnêtement qu'à chaque livre, à chaque pièce, à chaque film, je me suis tué pour renaître par les atroces et mystérieuses pratiques de la phénoménologie»... 9 août. «J'ai terminé le discours
Colette [discours de réception à l'Académie royale de Belgique]. J'ai pas mal changé le nôtre - mais dans un sens qui ne dérange rien. J'ai lu le discours de Barrès que je trouve absurde et le discours Valéry que je trouve obscur et vide. Comment avez-vous pu vous tirer de l'éloge Doumic ? J'attends ce texte avec impatience. Et vive le roman nouveau !»... 12 août. «J'avais relu les discours de Barrès et de Valéry. Le discours de Barrès est absurde - celui de Valéry un pathos, en la langue de Diafoirus. (Entre nous et sans qu'un micro nous entende). Le vôtre, sur Doumic, m'arrive - je le commence - je ne le lâche pas et je le quitte pour vous remercier de ce bel exemple qui prouve encore qu'il n'existe aucun sujet ingrat si la personne qui le traite est d'âme haute et grave»... 5 septembre. «En vous envoyant ce discours je tiens à vous redire que toute cette aventure académique ne m'a donné que des joies du coeur et de l'esprit [...]. Notre époque a beaucoup souffert de la bande
N.R.F. dont les chefs sont morts mais dont les lieutenants vivent et nous empoisonnent. On saura un jour le travail auquel se livraient Gide-Claudel et que Valéry, plus naïf, était un des instruments de leur entreprise qui consistait à faire le vide autour d'eux. (Ce fut dans une autre zone le travail d'Apollinaire qui mourait de peur qu'on ne découvrît ses sources belges)»... Noël 1955. Autour d'un dessin de visage à la mine de plomb: «D'après votre voix au téléphone il me semble que vous êtes victime des méthodes modernes et que
Fayard m'a demandé cette couverture [de Lettres à l'inconnue] sans vous consulter. Je ne m'en doutais pas et j'ai passé une nuit sur ce travail croyant qu'il était à votre demande. Si les dessins vous déplaisent ne les gardez pas»... 21 mars 1959. «On ne lit pas - on relit. Je viens, avec le recul et sous ce soleil peuplé d'oiseaux joyeux, de relire votre réponse à mon discours. Avouerai-je avoir aussi relu mon discours. L'un et l'autre m'étonnent par un sang rouge qui circule entre les lignes. Peut-être faut-il perdre son sang pour rêver, au dehors, de ce fleuve rouge où veulent boire les ombres»... «1959-1960». Grand dessin à l'encre brune et aux crayons de couleur d'un Orphée: «à ma chère marraine et à André l'ami»... 28 juillet 1961: «Ne plus voir en face de moi, quai Conti, la figure souriante d'André revenait à ne m'y plus rendre»... Condoléances à Simone Maurois sur la mort de sa mère (Jeanne Pouquet). Lui-même fut empêché, avant-hier à l'aéroport, de se rendre en Espagne, où l'appelait la santé de Francine...
On joint une carte de visite a.s. de Francine Weisweiller aux Maurois.
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