Marc CHAGALL (1887-1985)

Lot 130
Aller au lot
100 000 - 120 000 EUR
Résultats avec frais
Résultat : 510 400 EUR

Marc CHAGALL (1887-1985)

Les deux chèvres (Fables de la Fontaine), vers 1927
Gouache, signée en bas vers la droite
49,5 x 40,5 cm (à vue) - 50 x 41 cm (la feuille)

Provenance:
Collection particulière, Paris

Exposition:
- La Fontaine par Chagall, galerie Bernheim-Jeune, Paris, 10 - 21 février 1930, N°10 de l'exposition

Bibliographie:
- Marc Chagall par Franz Meyer, Flammarion, Paris, 1964, N°419
- Catalogue de l'exposition Marc Chagall Les Fables de La Fontaine, Musée d'Art Moderne, Céret, 28 octobre 1995 - 8 janvier 1996 et Musée National Message Biblique Marc Chagall, Nice, 15 janvier
- 25 mars 1996, ouvrage réédité à l'occasion de l'exposition Chagall connu et inconnu, Galeries Natio­nales du Grand Palais, Paris, 11 mars - 23 juin 2003, Éditions de la Réunion des Musées Nationaux, Paris, 1995, mentionnée page 130 avec comme indication: Localisation actuelle inconnue

Un certificat N°2019106 du Comité Chagall en date du 15 octobre 2019 sera remis à l'acquéreur

«Une de mes plus tenaces ambitions d'éditeur avait été de publier les Fables de La Fontaine dignement illustrées. C'est au peintre russe Marc Chagall que je demandai l'illustration du livre. On ne comprit pas ce choix d'un peintre russe pour interpréter le plus français de nos poètes. Or c'est précisément en raison des sources orientales du fabuliste, que j'avais songé à un artiste à qui ses origines et sa culture rendaient familier ce prestigieux Orient. Mes espérances ne furent pas déçues: Chagall fit une centaine de gouaches éblouissantes». Ainsi se souvient Ambroise Vollard, le célèbre marchand d'art qui, en 1925, confie à Marc Chagall ce projet.

«L'artiste réalise une centaine de gouaches en couleurs pour préparer le travail de gravure en noir et blanc, s'inspirant de sa culture russe et de la richesse des paysages français. Bien plus qu'un projet éditorial, cette commande est pour Marc Chagall un passeport vers la France, qui l'inscrit et l'enracine dans les pas des artistes et des écrivains français. Pendant la création des gouaches, sa femme Bella lui lit à haute voix les Fables, parlant à son imaginaire et à son inspiration. Le décès d'Ambroise Vollard en 1937 interrompt la publication de l'ouvrage, qui ne paraîtra qu'en 1952, à l'initiative de Tériade.

... Marc Chagall ... livre sa vision onirique et personnelle des Fables, nourrie par les pay­sages enneigés de Vitebsk et par un animisme hérité des traditions hassidiques d'Europe de l'Est, ponctuée des couleurs et des atmosphères de la Bretagne, de l'Auvergne et du midi de la France.» Sources: Internet Ambre Gauthier.

C'est donc à la demande d'Ambroise Vollard qu'entre 1926 et 1927 Chagall va réaliser cent gouaches afin d'illustrer les fables de La Fontaine. La préface de la réédition du cata­logue de l'exposition de Céret et de Nice (opus cité supra) indique «Dès 1928, l'édition en couleur, initialement prévue par Vollard échoue à la suite d'essais insatisfaisants. Chagall grave alors des plaques en vue d'estampes. Quelques tirages de gravures sont réalisés, mais le projet éditorial des Fables avec textes et images ne débouche pas non plus... C'est à cette période [fin 1950, début 1951] que Chagall entreprend de récupérer les cent plaques qu'il avait gravées en 1929 et en 1930. Leur édition, en deux volumes in-folio, avec les textes des Fables, sera réalisée par André Tériade, en 1952... Ces cent gouaches sont réalisées en 1926 - 1927, exposées en trois points de l'Europe (Paris, Bruxelles et Berlin) en 1930, toutes vendues à l'issue de ces trois expositions, à presque autant de collectionneurs qu'il y a de gouaches... Après le milieu des années 50, la publication de cette édition et l'atten­tion qu'y portent la critique occultent les gouaches elles-mêmes, dont le souvenir semble s'être perdu. On en voit certaines apparaître, exceptionnellement, dans des expositions.»

La conclusion de cette préface mentionne clairement la difficulté rencontrée à monter cette exposition: «Ce rassemblement visait initialement à l'exhaustivité, mais l'extrême dispersion des gouaches entre les mains de collectionneurs de dessins, peu connus du monde des musées, et la faible présence d'oeuvres de cette série en collections publiques, n'ont pas permis d'en localiser plus... Restent toutefois trente gouaches, qu'on ne verra ni dans cette publication, ni dans l'exposition que nous organisons [dont ces deux chèvres] et qui n'ont figuré dans aucune vente publique depuis leur présentation à Berlin en avril 1930 [ainsi qu'à Paris et Bruxelles]. Que sont-elles devenues ? Perdues ? Détruites ? Aucune photographie en couleurs, n'est suscep­tible d'aider le chercheur à visualiser les inventions chromatiques qu'elles inspirèrent à Chagall; seules les gravures permettront de les identifier...»

Cette extraordinaire gouache présentée dans cette vacation est donc un des maillons manquants... une redécouverte qui nous permet aujourd'hui d'apprécier, par rapport à sa gravure en noire, l'audace de ses couleurs.

Dès que deux chèvres ont brouté,.... Rien ne peut arrêter cet animal grimpant. ...Un ruisseau se rencontre, et pour pont une planche. ...Nez à nez, nos aventurières, Qui, toutes deux étant fort fières, Vers le milieu du pont ne se voulurent pas L'une à l'autre céder ....
Jean de La Fontaine
Mes ordres d'achat
Informations sur la vente
Conditions de ventes
Retourner au catalogue