Importante commode marquetée en bois de violette...

Lot 282
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Importante commode marquetée en bois de violette...

Importante commode marquetée en bois de violette de losanges en quartefeuilles délimités par des croisillons de travers de la même essence; de forme légèrement mouvementée, elle ouvre par trois tiroirs sur deux rangs et repose sur des pieds cambrés. Belle ornementation de bronze ciselé et doré tels que chutes, encadrements à agrafes, poignées et sabots.
Attribuée aux Maîtres aux Pagodes.
Epoque Régence (restauration d'usage). Plateau de marbre brèche d'Alep.
H: 82 - L: 140 - P: 63 cm

Provenance:
- Vente Christie's, Monaco, le 1er juillet 1995, lot 198.
- Galerie Maurice Segoura, Paris.

Bibliographie:
- A. Pradère, «Le Maître aux pagodes, un ébéniste mystérieux», in L'Estampille/L'Objet d'art, mars 1992, n°256, p.28 et 41, n°14 (il­lustrée).
- A. Pradère, French Furniture Makers, The Art of the Ebeniste from Louis XIV to the Revolution, 1989, p.124-127.

Au XVIIIème siècle quelques rares ébénistes parisiens, parmi les plus ta­lentueux de l'époque, parvinrent à se distinguer de leurs confrères arti­sans en créant leur propre style, qui, mieux qu'une estampille frappée sur le bâti, représente aujourd'hui leur véritable signature et permet de rattacher certains meubles à des artisans en meubles spécifiques; c'est particulièrement le cas de Jean-Henri Riesener, de Jean-François Leleu ou bien encore de BVRB, qui élaborèrent tous des compositions et des types de marqueteries qui leur sont spécifiques agrémentées de décors de bronze doré souvent également propres à leurs créations. La commode dite «à la Régence» que nous proposons s'inscrit dans ce contexte particulier. Sa composition parfaitement équili­brée, sa marqueterie en bois de violette, enfin, son décor original de bronze ciselé et doré, témoignent d'un ébéniste parisien de tout premier plan, maîtrisant parfaitement son art. Elle est rela­tivement proche de certaines réalisations de François Lieutaud, BVRB, Etienne Doirat, des fils Boulle ou de Charles Cressent, mais Alexandre Pradère l'a intégrée, à juste titre, dans un corpus restreint de meubles qu'il attribue à un ébéniste parisien actif au début du règne de Louis XV, précisément vers 1730-1745, et qu'il nomme «le Maître aux pagodes», en référence à l'attrait de cet artisan pour la mode des Chinoiseries appliquée aux dé­cors originaux des bronzes de la plupart de ses meubles.
Ainsi, certains motifs de bronze doré présents sur notre com­mode se retrouvent sur d'autres rares meubles répertoriés de cet ébéniste. Les poignées de tirage en arbalète à décor de cartouches feuillagés, coquilles et crosses stylisées, se retrouvent notamment à l'identique sur une commode conservée au château de Wilhelmstal à Cassel (voir H. Huth, «Two French writing tables», in Burlington Magazine, 1938, LXII, p.76-81); ainsi que sur une deuxième com­mode à trois rangs de tiroirs proposée aux enchères à Paris, Palais Galliera, le 15 juin 1971, lot 105, et sur une troisième, anciennement dans les collections de Gustave et Guy de Rothschild, passée en vente chez Sotheby's, à Londres, le 21 juillet 1977, lot 88. Enfin, relevons par­ticulièrement l'originalité des chutes en consoles à volutes rythmées de masques de tritons dont les barbes s'entortillent en queues de poisson et que l'on peut retrouver à l'identique principalement sur trois autres meubles rattachés au «Maître aux pagodes»: un bureau plat qui a fait partie des collections du comte de Normanton (vente Christie's, Londres, le 1 juillet 1986, lot 75), puis Galerie Maurice Segoura, Paris; une com­mode dite «en tombeau» à trois rangs de tiroirs vendue à Paris, Me Lau­rin, le 7 décembre 1976, et pour terminer une gaine exposée au Palais de la Résidence à Munich (parue dans B. Langer et H. Ottomeyer, Die Möbel der Residenz München, Die französischen Möbel des 18. Jahrhunderts, Munich, 1995, p.53-57).
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