Rare pendule dite squelette en bronze ciselé...

Lot 273
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30 000 - 35 000 EUR
Résultat : 54 000 EUR

Rare pendule dite squelette en bronze ciselé...

Rare pendule dite squelette en bronze ciselé et doré et émail; le cadran principal annulaire indique les heures, les minutes et les quantièmes en chiffres arabes et marque les secondes par une trotteuse; il est surmonté d'un cadran secondaire, également annulaire, indiquant les jours républicains. Le mouvement est supporté par deux arches, la face émaillée à décor de fins rin­ceaux dorés et polychromes se détachant sur un fond bleu; au centre, un cartouche signé Julien Béliard à Paris, surmonte le troisième cadran indiquant les heures décimales. Les émaux attribués à Joseph COTEAU. Elle repose sur une base quadran­gulaire en marbre blanc de Carrare qui a partiellement conservé son décor peint au gras de courses de guirlandes de roses; petits pieds toupies à décor moleté. Epoque révolutionnaire (un léger éclat au marbre et restauration au cartouche). H: 39,5 - L: 21,5 - P: 11,8 cm Le XVIIIème siècle français est probablement la période des arts décoratifs européens au cours de laquelle les artisans firent preuve de la plus grande imagination. En effet, l'on assiste à un exceptionnel renouvellement des formes et des motifs et à l'invention de nouveaux modèles jusqu'alors absents du répertoire esthétique ou quasiment jamais utilisés. Dans le domaine de la création horlogère, particulièrement dans la seconde moitié du siècle, les artisans firent preuve d'une rare créativité pour élaborer des modèles de pendules aux compositions de plus en plus abouties qui contenaient le plus souvent des mouvements élaborés par les meilleurs maîtres horlogers parisiens du temps. Le modèle des pendules de type «squelette» fut créé dans ce contexte particulier; il permettait d'offrir à la vue des spectateurs la complexité des mécanismes et mettait l'accent sur l'élégance des compositions volontairement dépouillées, souvent uniquement constituées d'une armature supportant le ou les cadrans. Pour les exemplaires les plus luxueux, ces armatures étaient revêtues d'un décor émaillé plus ou moins raffiné réalisé par les plus talentueux émailleurs parisiens du temps, particulièrement Joseph Coteau, à qui nous attribuons le superbe décor émaillé de la pendule que nous proposons qui présente également la particularité d'indiquer les heures et jours du calendrier républicain, division du temps adoptée par la Convention nationale le 5 octobre 1793 et suspendue par cette même Convention en avril 1795 (voir le catalogue de l'exposition La Révolu­tion dans la mesure du temps, Calendrier républicain heure décimale 1793-1805, Musée international d'horlogerie, La Chaux-de-Fonds, 1989). Parmi les rares autres pendules squelettes répertoriées réalisées dans le même esprit, citons notamment: un premier modèle, le cadran signé Ridel et les émaux signés Coteau et datés 1796, reproduit dans Musée François Duesberg, Arts décoratifs 1775-1825, Bruxelles, 2004, p.103; un deuxième, signé Laurent à Paris, a été proposé aux enchères il y a quelques années sur le marché de l'art suisse (voir J-D. Augarde, Les ouvriers du Temps, Genève, 1996, p.340, fig.255); un troisième, indiquant le calendrier républicain, est illustré dans G. et A. Wannenes, Les plus belles pendules françaises, de Louis XVI à l'Empire, Florence, 2013, p.178; un quatrième appartient aux collections royales espagnoles (paru dans J. Ramon Colon de Carvajal, Catalogo de Relojes del Patrimonio nacional, Madrid, 1987, p.95, catalogue n°78); enfin, mentionnons un dernier modèle de ce type particulièrement proche de la pendule que nous proposons qui se trouvait anciennement dans la collection Diette; signé Julien Béliard et muni d'un cadran décimal, il présente également la particularité d'avoir conservé sur sa base en marbre blanc de Carrare son décor peint «au gras» (reproduit dans Tardy, La pendule française des origines à nos jours, 2ème partie: Du Louis XVI à nos jours, Paris, 1975, p.353, fig.4). Joseph Coteau (1740-1801) est le plus célèbre émailleur français de son temps et collabora avec la plupart des grands horlogers parisiens de l'époque. Concurrent direct de Dubuisson, Coteau était originaire de Genève et devint maître peintre-émailleur de l'Académie de Saint Luc en 1766. Quelques années plus tard, il vint s'installer à Paris et rencontra immédiatement un immense succès pour la perfection et la qualité excep­tionnelle de ses créations. A partir de 1772, il installa son atelier rue Poupée. L'émailleur laissa notamment son nom à une technique précieuse d'émaux en relief qu'il mit au point avec Parpette et qui était destinée au décor de certaines pièces de porcelaine de la Manufacture royale de Sèvres; par la suite, il déclina ce type ornemental pour la décoration de certaines pendules, particulièrement sur les modèles dits «squelettes».
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