ODIOT à Paris

Lot 73
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8 000 - 12 000 €
Résultat : 12 500 €

ODIOT à Paris

Important surtout de table en bronze ciselé et plaqué d'argent. Il présente au centre une soupière stylisée couverte, la prise en forme d'artichaut reposant sur des feuillages. Les flancs ornés de guirlandes. L'ensemble repose sur des petits pieds patins cambrés et sur un plateau à côtés arrondis orné d'une frise de lambrequins. Les montants à buste de femme. Sur les côtés douze lumières dont quatre par paires à bobèches et binets feuillagés amovibles. Les binets présentent des cache-lumières à décor feuillagé permettant de présenter ce surtout pour le service de jour ou le service de nuit en les remplaçant par des bougies. L'entablement aux armes de la famille Seillière Signé ODIOT à Paris et numéroté 4601. Vers 1890 H: 50 - L: 64 - P: 45 cm Provenance: Collection du baron Franck Seillière au château de Mello, département de l'Oise. Vente des collections du château de Mello (Paris, Me Tajan, le 16 octobre 1997, lot 82). Les centres de tables, dits également surtouts de table, semblent faire leur apparition à la Renaissance chez certaines grandes familles et dans quelques cours européennes désireuses de dévoiler leur faste et leur richesse à leurs convives. Au XVIIIème siècle, en France l'on assiste à une quasi standardisation de ces objets appelés à l'époque «surtouts de desserts» qui se composaient le plus souvent de trois plateaux de glace garnis en cuivre argenté et rehaussés, pour les plus luxueux, de figures et de motifs en porcelaine ou en biscuit; l'on rencontre ce type de pièces dans la plupart des descriptions d'inventaires après décès des familles de la haute aristocratie ou de la finance dans la seconde moitié du siècle. Parallèlement à cette production française, certains artistes et artisans italiens proposaient des créations plus originales composées de plateaux incrustés d'éléments en marbres ou en pierres dures; un surtout de ce type fut rapporté de Rome par le Bailli de Breteuil. Avec l'avènement de l'Empire, nous assistons à l'apparition d'un nouveau modèle de surtout de type monumental entièrement réalisé en bronze finement ciselé et doré. Puis, dans la seconde moitié du XIXème siècle, seules quelques grandes familles firent perdurer la commande de ce type d'objets excessivement onéreux et toujours liés à la volonté des commanditaires de recevoir fastueusement leurs invités dans la pure tradition des grandes réceptions du siècle précédent. L'exemplaire que nous proposons est une commande particulière du baron Seillière passée vers 1890 à la célèbre Maison d'orfèvrerie Odiot, certainement la plus réputée de l'époque. Entièrement réalisé en doublé, c'est-à-dire en feuilles d'argent laminées sur le bronze, il s'inspire directement d'un modèle en bronze argenté d'époque Louis XIV qui était conservé depuis plusieurs décennies dans les collections de la famille Seillière. La commande du baron était ainsi destinée à compléter un ensemble déjà existant. La composition reprend librement les modèles du Grand Siècle sur lesquels des bobèches amovibles permettaient de les employer à volonté soit au cours du déjeuner de midi, soit pendant le dîner. Des exemplaires en bronze doré du début du XVIIIème siècle réalisés dans cet esprit sont connus, citons notamment un premier surtout qui a fait partie de la collection René Fribourg (vente Sotheby's, Londres, 17-25 octobre 1963, lot 735); un deuxième se trouvait anciennement dans la collection Karl Lagerfeld (vente Christie's, Monaco, les 28-28 avril 2000); enfin, mentionnons un dernier modèle inspiré d'un surtout en argent de Nicolas Delaunay qui est conservé au Museum of Art de Toledo (illustré dans P. Verlet, Les bronzes dorés français du XVIIIème siècle, Paris, 1987, n°181). Franck Seillière: Fils et petit-fils de banquiers et d'industriels, le baron Franck Seillière appartient à l'une des plus puissantes familles françaises du XIXème siècle. Il hérita d'importantes collections d'objets d'art et de nombreuses propriétés et châteaux, dont le château de Mello acquis en 1819 par son grand-père, François-Alexandre Seillière. Il s'employa à enrichir les collections familiales soit par le biais des ventes aux enchères, soit par des achats dans le commerce, soit enfin par des commandes passées aux meilleurs artistes et artisans du temps
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