Sabre d'honneur décerné par le premier consul...

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Sabre d'honneur décerné par le premier consul...

Sabre d'honneur décerné par le premier consul au citoyen Joseph Seurenbrenner, lieutenant à la 12e ½ brigade de ligne, le 28 fructidor an X. Modèle d'officier d'infanterie, fabriqué par la Manufacture de Versailles. Garde à une branche en argent poinçonné, oreillons gravés, quillon en forme de palmette, calotte ovale gravée de toiles d'araignée, fusée en bois recouverte de cuir à double filigrane d'argent; lame polie blanc à simple pan creux, se terminant en langue de carpe, à double tranchant; fourreau en acier bleui à dos plat, à deux larges bracelets de bélières en argent, plats, se terminant par deux bourrelets et gravés de trophées; le haut du fourreau porte, sur le devant, l'inscription: "Le 1er Consul - au Cen Joseph Seurenbrenner - Lieutt - à la 12e ½ Bde - de Ligne" et, à l'arrière, la signature: "Mfture - a Verslles"; dard en forme de bouton mouluré; longueur 92 cm. Il est présenté avec une dragonne d'officier subalterne, en cannetille d'argent. Époque Consulat. Très bon état. POINÇONS DE LA GARDE: - orfèvre: "J M" surmonté d'une étoile, non identifié, probablement un orfèvre de Rouen; - "B Y", poinçon du 1er contrôleur de la Manufacture de Versailles, Denis BROUILLY. Les poinçons de titre et de garantie ne sont pas visibles, ils sont cachés par la fusée; ce sont habituellement: - garantie: tête de vieillard avec numéro: "88", pour le département de la Seine Inférieure (Rouen); - titre: poinçon non visible, se trouvant probablement sous la fusée, il s'agit du coq 1er titre des départements, 1798/1809. Les bracelets de bélières ne sont jamais poinçonnés. PROVENANCE: ancienne collection LAISSUS; collection MARCHAL; collection SERY... Ce sabre est reproduit dans la Gazette des armes n° 17, juin 1974; article d'Alain CLOAREC. On joint la fiche technique de la collection J. LAISSUS. Souvenirs du citoyen Joseph Seurenbrenner SEURENBRENNER ou SENSENBRENER, Joseph, né le 4 avril 1766 à Sufflenheim (Bas-Rhin), entra au service comme soldat, le 10 septembre 1781, dans le régiment de Salm-Salm (62e d'infanterie); il y fut nommé caporal, le 25 décembre 1784; fourrier, le 8 avril 1790; sergent et sergentmajor, les 9 février et 8 octobre 1792; et enfin sous-lieutenant, le 11 prairial an II. Il fit toutes les guerres, depuis 1792 jusqu'à l'an IX, aux armées du Nord, de la Moselle, de Sambre-et-Meuse, des Alpes, d'Italie, de Rome, de Naples, de réserve et des Grisons. Le 13 messidor an II, à la prise de Mons, étant à la tête des tirailleurs, il aperçoit deux pièces de canon prêtes à vomir la mort dans les rangs des colonnes françaises qui s'avancent. Sans calculer le danger qui le menace, il se précipite sur les canonniers ennemis, les sabre, les disperse et s'empare des deux pièces. Cette action fut relatée dans le décret de la Convention du 11 fructidor an II, qui l'éleva au grade de lieutenant dans le 8e bataillon de la Côte d'Or; amalgamé dans la 60e demi brigade, puis dans la 12e, devenue 12e régiment d'infanterie de ligne. Plus tard, sur le compte qui lui fut rendu de ce fait d'armes, de la bravoure et de la bonne conduite de cet officier, le Premier Consul, par un arrêté du 28 fructidor an X, lui décerna un sabre d'honneur. Employé au camp de Bruges, pendant les ans XII et XIII, il fut créé officier de la Légion d'honneur, le 25 prairial an XII (25 mai 1804; la première distribution eut lieu aux Invalides, le 15 juillet 1804). Il fit ensuite les campagnes de l'an XIV et de 1806, en Autriche et en Prusse, avec la Grande Armée. Blessé mortellement, le 14 octobre 1806, à la bataille d'Iéna, il succomba le 19 novembre suivant. Référence Fastes de la Légion d'honneur, tome 2, Paris 1842 La constitution de l'an VIII posa enfin, dans son article 87, le principe officiel de la remise de récompenses nationales. Les consuls par arrêté du 4 nivôse an VIII instituaient de véritables "armes d'honneur": Article I - Il sera donné aux individus des grades ci-dessous désignés qui se distingueront par une action d'éclat, savoir: 1° - Aux grenadiers et soldats, des fusils d'honneur qui seront garnis en argent. 2° - Aux tambours, des baguettes d'honneur qui seront garnies en argent. 3° - Aux militaires des troupes à cheval, des mousquetons ou carabines d'honneur qui seront garnis en argent. 4° - Aux trompettes, des trompettes d'honneur en argent. Ces fusils, baguettes, mousquetons, carabines et trompettes porteront une inscription contenant les noms des militaires auxquels ils seront accordés et celui de l'action pour laquelle ils l'obtiendront. Article II - Les canonniers pointeurs les plus adroits qui dans une bataille rendront le plus de services, recevront des grenades d'or qu'ils porteront sur le parement de leur habit. Article III - Tout militaire qui aura obtenu une de ces récompenses jouira de cinq centimes de haute paie par jour. Article IV - Tout militaire qui prendra un drapeau à l'ennemi, fera prisonnier un officier supérieur, arrivera le premier pour s'emparer d'une pièce de canon, aura par cela seul, chacun suivant son arme, droit aux récompenses ci-dessus. Article V - Il sera accordé des sabres d’honneur aux officiers et soldats qui se distingueront par des actions d'éclat d'une valeur extraordinaire ou qui rendront des services extrêmement importants. Tout militaire qui aura obtenu un sabre d'honneur jouira d'une double paie. Chaque "arme" était accompagnée d'un brevet, pièce officielle qui faisait foi de la récompense. Entre le 4 nivôse an VIII et le 27 floréal an XII (17 mai 1804), il fut décerné 2 104 brevets d'honneur. Tous les titulaires d'armes d'honneur furent membres de droit de la Légion d'honneur et en composèrent la première promotion.
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