Jacques Émile BLANCHE (1861 - 1942)

Lot 121
Aller au lot
40 000 - 50 000 €
Résultat : 280 000 €

Jacques Émile BLANCHE (1861 - 1942)

Portrait d'André Gide ou André Gide à 21 ans, vers 1890 Huile sur toile, signée en bas à droite 107 x 73 cm et en 1ère de couverture Provenance: - Ancienne collection André Gide - Vente André Gide, Me Lieury, Cuverville en Caux, 12 octobre 1963 - Ancienne collection André Bercowitz (achetée à la vente précitée) Bibliographie: - Mes modèles. Souvenirs Littéraires par Jacques-Emile Blanche, Paris, Stock, 1928, reproduit page 184 - Figurera dans le catalogue raisonné de l'oeuvre de Jacques-Émile Blanche actuellement en préparation par Jane Roberts sous le n° 1219 Blanche rencontra vers 1890 l'écrivain André Gide (1869 - 1951), le plus romantique des mystérieux, peut-être chez Robert de Bonnières mais plus probablement à un dîner chez la princesse Ouroussof, boulevard Haussmann. Blanche décrivit dans son livre Mes Modèles, publié en 1928, son premier portrait de Gide: «mon modèle maigre mais de construction robuste... sur un fauteuil de paille anglais, le visage un peu chinois du jeune évangéliste, un grain de beauté volumineux le marque; ses yeux d'hématite, bridés étincelants, vous fixent avec le regard d'un prédicateur». Blanche fut tout de suite subjugué par son raffinement et surtout son sens aigu de l'observation, avec André Gide, du moins, vous aurez une vérité: la plus brutale écrivit-il. Leur amitié fut toujours fort houleuse mais de très longue durée puisque leur correspondance débutée en 1891, ne s'achèvera qu'en 1939. Gide, reçu fréquemment à Offranville, livrait tous ses manuscrits à Blanche avant de les envoyer à son éditeur. Blanche peignit son ami une deuxième fois en 1901, cinq ans après la publication des Nourritures Terrestres qui lui avait déjà valu une certaine consécration littéraire, entouré de ses amis Eugène Rouart, Henri Ghéon, Charles Chanvin et le jeune poète tunisien Athman ben Salah, au café Maure de l'Exposition Universelle (Musée de Rouen, inv. 925.1.8), et une troisième et dernière fois en 1912 quand Gide élaborait Les caves du Vatican son roman publié en 1914 (Musée de Rouen. Inv. 923.1.1). Jeune homme imberbe dans le complet de cheviote, Gaulois à la moustache de Vercingétorix, voyageur sous le chapeau de velours noir, vos yeux sont les mêmes; je me suis accoutumé à ce qu'ils me scrutent, comme je persisterai à les interroger résuma Blanche. (Voir Jacques-Emile Blanche par Jane Roberts, Éditions Gourcuff-Gradenigo 2012, pages 124-125) Dans l'ouvrage: André Gide - Jacques Émile Blanche Correspondance 1892 - 1932 établie par Georges-Paul Collet, NRF, Gallimard 2010, nous retrouvons dans certaines lettres des passages qui doivent concerner notre tableau: Pages 220 & 221, dans une lettre de Blanche à Gide en date du 18 octobre 1917: je viens de relire les Nourritures terrestres que j'avais complètement vague dans ma mémoire.... Combien il existe de liens entre nos deux esprits, cher André ! Et qu'il est donc amusant d'avoir si longtemps marché parallèlement sur deux routes pareilles ! le jeune homme vêtu de gris, dans le portrait aux hortensias roses et le peintre qui le regardait... Une note nous fait nous reporter à la page 338 ou il est indiqué: Allusion au premier portrait de son ami que Blanche intitula André Gide à 21 ans. Ou bien encore, page 358 nous trouvons dans un texte inédit de Jacques Émile Blanche sur André Gide (que l'on peut dater de 1922): Je revois André, vêtu de gris, posant pour son premier portrait, comme aplati contre la muraille de nattes japonaises. L'armoire à glace en pitchpin, de Maple, assis dans fauteuil de bois noir anglais; derrière lui, la reproduction en photographie de Saraste de Whistler*, pauvre image que nous admirions alors. Des hortensias roses à côté de ce garçon presque imberbe, une verrue sur la joue, le nez large et long, des yeux terrifiants, sous un vaste front déjà dégarni. Il appui de sa lourde main de pianiste sa tête aux traits taillés brutalement, et je ne sais pourquoi, malgré ce nez si européen, d'aspect japonais; un masque d'acteur tragique que j'avais chez moi lui ressemblait, comme Sada Yakko ressemblait à Sarah Bernhardt. * Pablo de Sarasate, de son nom complet Pablo Martín Melitón de Sarasate y Navascués était un violoniste et compositeur espagnol peint par Whistler en 1884 (Carnegie Institute, USA) Nous remercions Jane Roberts pour les informations qu'elle nous a aimablement communiquées
Mes ordres d'achat
Informations sur la vente
Conditions de ventes
Retourner au catalogue