Importante commode marquetée en placage de... - Lot 193 - Thierry de Maigret

Lot 193
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Estimation :
60000 - 80000 EUR
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Résultat : 77 280EUR
Importante commode marquetée en placage de... - Lot 193 - Thierry de Maigret
Importante commode marquetée en placage de satiné disposé en quartefeuilles dans des encadrements d'amarante et réserves sur lesquelles se détachent les bronzes en crosses de la façade et des mascarons ornant les côtés ; ce riche décor de bronze doré à l'or moulu se complète chutes rocailles, palmettes, astragales feuillagées et guirlandes en chute sur ruban, boutons et sabots. De forme légèrement sinueuse, elle ouvre par deux larges tiroirs sans traverse ; les montants et pieds en lame de couteau. Par Charles Cressent. Époque Régence. (Restauration d'usage ; serrures remplacées ; quelques traces de fixation de bronze consécutives à l'inversion de sens du bronze central du tiroir du bas). Plateau de marbre brèche d'Alep (restauré à l'angle arrière droit). H : 87 - L : 147 - P : 65 cm Bibliographie : - Alexandre Pradère, Charles Cressent sculpteur, ébéniste du Régent, Editions Faton, Dijon, 2003. Bien qu'elle ne porte ni signature, ni estampille, cette importante commode peut être rattachée sans équivoque à l'oeuvre de Charles Cressent. En effet, sa composition générale, les essences de bois de placage employées, son décor original de bronze ciselé et doré, sont autant d'éléments déterminants permettant une telle attribution. L'oeuvre biographique consacré à cet artisan par Alexandre Pradère étudie méthodiquement la carrière de Cressent qui, parallèlement à la réalisation «classique» de meubles tels que des commodes, bureaux plats, bibliothèques, encoignures, armoires, médailliers... se spécialisa également, à l'instar de son célèbre confrère André-Charles Boulle (1642-1732), dans la confection de bronzes d'ameublement et de sculptures essentiellement commandés par les grands collectionneurs pour lesquels Cressent travaillait et qui démontrent son exceptionnelle créativité et la qualité toujours irréprochable de ses fontes. Cela lui valut de nombreux conflits avec la corporation des maîtres bronziers régie par les lois strictes des anciennes corporations parisiennes et dont les membres détenaient l'exclusivité du travail du bronze. Toutefois, Cressent continua à fondre ses propres modèles de bronzes dans son atelier, ce qui lui permit notamment d'en protéger la propriété. L'ébéniste déclina ce modèle de commodes à double crosses en S et à boutons de tirage dans les années 1730-1740. Nous avons des exemplaires qui sont présentés dans diverses collections importantes, notamment un exemplaire similaire qui fait partie de l'ancienne collection de Boisrouvay, ainsi qu'un autre proche, mais avec quelques caractéristiques distinctives, qui est visible au Château de Thoiry. Enfin, citons particulièrement un modèle quasi-identique à celui présenté conservé au Musée des Arts décoratifs de Lyon et illustré dans Alexandre Pradère, op.cit., 2003, p.167, catalogue 150. Charles Cressent (1685-1768) figure parmi les plus importants ébénistes parisiens du XVIIIe siècle et est probablement le plus célèbre artisan en meubles de l'esprit Régence qu'il véhicula dans ses réalisations d'ébénisterie et de sculpture tout au long de sa carrière. Fils d'un sculpteur du Roi, il s'exerce à la sculpture à Amiens où réside son grand-père, lui-même sculpteur et fabricant de meubles. Ses débuts sont donc dominés par l'apprentissage des techniques de la sculpture, si bien qu'en 1714, c'est en présentant une oeuvre dans cette spécialité qu'il est reçu à l'Académie de Saint Luc. Il s'établit alors à Paris et commence à travailler pour certains confrères, puis épouse la veuve de l'ébéniste Joseph Poitou, ancien ébéniste du duc Philippe d'Orléans, alors Régent du royaume. Par ce mariage, il prend en charge la direction de l'atelier et continue l'activité si brillamment qu'il devient à son tour le fournisseur privilégié du Régent, puis à la mort de ce dernier, en 1723, de son fils Louis d'Orléans qui lui passe de nombreuses commandes et lui assure une grande prospérité au cours de ces années-là. Rapidement sa notoriété dépasse les frontières du royaume et certains princes et rois européens commandent des oeuvres à l'ébéniste, particulièrement le roi Jean V du Portugal et l'Électeur Charles Albert de Bavière. En France, il s'était composé une riche clientèle privée comprenant des membres de la haute aristocratie, tel le duc de Richelieu, et des grands collectionneurs, notamment le puissant trésorier général de la marine Marcellin de Selle. Cressent n'aura de cesse tout au long de sa carrière de créer, à l'encontre des lois de la corporation des bronziers, ses propres modèles de bronzes fondus dans son atelier ; cette particularité, que l'on retrouve également chez André-Charles Boulle, apporte à son oeuvre une grande homogénéité et démontre surtout ses talents exceptionnels de sculpteur.
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