Marcel PROUST (1871-1922)

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Marcel PROUST (1871-1922)

L.A.S., [29 ou 30 octobre 1917], à la Princesse Soutzo; 8 pages et demie in-8.
Intéressante lettre à la princesse Soutzo, revenant sur ses premiers écrits, et sur les jeunes gens partis à la guerre.
Proust évoque notamment sa nouvelle Violante ou la Mondanité, parue dans Les Plaisirs et les jours (1896), qu'il compare à Clarisse ou l'Amitié de Paul Morand, futur époux de la princesse, et à Éliane ou le Regret de Léon Blum.
Il évoque d'abord un dîner de la princesse, auquel il tâchera de se rendre... «J'ai fait paraitre autrefois, l'année de ce service militaire que vous ne voulez jamais croire que j'aie fait, une nouvelle - entre beaucoup d'autres - qui s'appelait Violante ou la Mondanité. Q.q. mois après un écrivain [Léon Blum] qui avait d'ailleurs été le seul à montrer de la sévérité pour cette nouvelle et surtout pour son titre, publiait: Eliane ou le Regret. [...] Clarisse ou l'Amitié me parait destiné à exercer de même une certaine influence sur les nouvellistes. Il y en a un paraitil (mais tombeau-guillotine - comme dirait Antoine [Bibesco]) qui a écrit un petit conte dont je ne me rappelle pas le sous-titre. Mais un de vos compatriotes y figure sous le nom de Dilapidos (je pense que c'est du jeune Economos qu'il s'agit) et l'héroïne sous le nom de Simplicie ressemble dit-on à Mlle Simone de Caillavet. Je ne connais pas la nouvelle.
Mais je rencontre q.q. fois l'auteur. Et si vous me gardez le secret au sujet de la première je pourrai en demander les bonnes feuilles au second. (je crois que c'est Jacques Truelle)»...
Dans le post-scriptum, Proust évoque Mme de Béarn et son neveu
Hubert de Ganay, en espérant qu'il n'est pas «dans un endroit trop dangereux. Je me demande souvent ce que deviennent tous ces jeunes gens, comme les fils d'une dame que je rencontrais autrefois, la Pcesse de Poix, et qui sont eux la gloire de la famille Bardac. Et jamais je n'ai réaperçu chez Cirro votre ami M. de Gheest que je ne connais pas, mais que j'avais fait duc sans le vouloir en le prenant pour Guiche, de très loin. Les garçons depuis ce moment-là l'appelaient toujours (sans aucune ironie bien entendu) le duc de Gheest. J'espère qu'il n'a pas été tué. Le Gaulois s'afligerait particulièrement de la mort d'un duc, mais je pleure la mort de tout le monde, même des gens que je n'ai jamais vus. C'est un sens que nous a ajouté la guerre, par l'exercice effroyable de l'angoisse quotidienne, celui qui fait soufrir pour des inconnus.»
Correspondance, t. XVI, p. 271.
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