Benjamin CONSTANT

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Benjamin CONSTANT

L.A., 7 août 1827, à M. Teste, avocat à Liège; 2 pages in-4, adresse.
Importante lettre sur la peine de mort et le châtiment du crime. Le député belge que son ami lui a adressé l'a beaucoup intéressé. «Je n'ai point essayé de convertir votre concitoyen à la peine de mort. Je suis trop peu imbu & trop peu sur de mes opinions pour vouloir convertir personne. Indiquez-moi un moyen de ne pas soumettre ceux à qui vous ne voulez pas qu'on coupe le col, à un arbitraire plus facheux que la mort, arbitraire exercé par la classe la plus grossière & la plus infame, les géoliers, arbitraire dont l'exemple est contagieux, & qui établit le principe qu'il y a des circonstances dans lesquelles une créature humaine peut légitimement être livrée au pouvoir discrétionnaire d'une autre, principe que je nie, quel que soit le crime, parce que le pouvoir discrétionnaire est de tous les crimes le plus grand. Indiquez-moi de plus un moyen de faire que le travail imposé aux condamnés ne soit pas ou plus sur que celui de la classe laborieuse, lequel dépasse pourtant les forces humaines & alors c'est une mort plus douloureuse, ou plus doux, & alors il y a récompense pour le crime, indépendamment de la flétrissure du travail. Indiquez-moi cela & je cède. En attendant & avec la chance très possible que MM nos Ministres, sous quelque prétexte, ou ceux qui les poussent, m'appliquent un beau jour, la peine que je suis presque seul à ne pas repousser, ce qui sera fort injuste, car je n'estime pas assez les hommes, pour aller au-delà de ma mission légale, de Député, & de plus je m'en remets aux gouvernemens pour s'amener ou se renverser eux-mêmes [...] je fais mille voeux pour votre bonheur si bonheur y a dans ce monde entre les gouvernemens & les gouvernés»...
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