Laure Permon, duchesse d'ABRANTÈS (1784-1838) écrivain, auteur de Mémoires, veuve du général Junot, maîtresse de plusieurs écrivains romantiques

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Laure Permon, duchesse d'ABRANTÈS (1784-1838) écrivain, auteur de Mémoires, veuve du général Junot, maîtresse de plusieurs écrivains romantiques

L.A., [vers 832]; 8 pages in-8 (rousseurs).
Longue lettre parlant d'Alexandre Dumas et de Victor Hugo.
Elle parle de son travail de corrections d'épreuves pour ses Mémoires, puis remercie de la proposition de faire inviter ses fils chez Alexandre Dumas. «Quoiqu'il ait été prodigieusement blessant pour moi en disant que j'avais un bureau d'esprit»; Dumas «est bien sûr d'être écouté lorsqu'il parlera [...] Ce soir-là Monsieur Dumas parla pendant trois heures contre ce pauvre Monsieur Drouineau auquel il coupait la parole à chaque mot.
[...] M. Dumas fut même blessant plusieurs fois dans la discussion. J'écoutai longtemps mais j'avoue que habituée depuis mon enfance à entendre des notabilités de toutes les époques il n'y avait pas dans ce que j'entendais de quoi me faire abandonner tout mon monde. J'avais vu chez moi la veille [...] pendant deux heures, mon héros littéraire, celui dont je porte le nom parce que je suis enthousiaste de lui c'est Victor Hugo, et certes après lui il faut mettre du coton dans ses oreilles. Et puis est venue la conversation sur Gaillardet [l'auteur de la Tour de Nesle]- Frédéric Gaillardet est de mes amis. Je devais donc remplir les devoirs d'une amie et ne pas souffrir qu'il fût atrocement injurié dans mon salon. Si l'on y disait une parole contre vous ce serait la même chose. Je suis homme par le caractère et surtout là-dedans il faut de la sureté & de la confiance. Voilà où j'en suis avec
Alexandre Dumas. Il s'est trouvé ayant tort parce qu'une mauvaise langue a été reporter le lendemain matin à Gaillardet les propos de Dumas. Tout cela a fait un gâchis indigne. M. Dumas aurait dû faire la part de tout cela.
Il ne l'a pas fait. [...] Tout cela est d'un homme qui a eu à rougir lorsqu'il aura revu dans sa mémoire le ridicule et même l'inconvenance d'avoir appelé un brave garçon, drôle et polisson»... Gaillardet, venu chez elle, était désespéré: «j'ai nié en levant la main que la chose fût», et Dumas est naturellement exclu de chez elle, à moins qu'il ne fasse des excuses ou qu'il ne répare son imprudence.
Il a un talent remarquable, mais il «n'est pas le saint
Pierre ayant les clefs du paradis d'où doit s'échapper le génie»... Heureusement que le lendemain elle reçut de Victor Hugo «une lettre dans laquelle il y a à la fois du coeur, de ce génie qui se revêt à chaque mot de lui, et de cette fleur de politesse dont je ne souffrirai jamais qu'on dise qu'il est dépourvu»...
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