Sabre d'honneur et son brevet décernés par…

Lot 127
30 000 - 40 000 €
Résultat: 38 000 €

Sabre d'honneur et son brevet décernés par…

Sabre d'honneur et son brevet décernés par le premier consul au citoyen Joseph Latour, capitaine à la 68e ½ brigade de ligne, le 19 ventôse an XI. Modèle d'officier d'infanterie, fabriqué par la Manufacture de Versailles. Garde à une branche en argent poinçonné, oreillons gravés, quillon en forme de palmette, calotte ovale gravée de toiles d'araignée, fusée en bois recouverte de cuir à double filigrane d'argent; lame polie blanc à simple pan creux, se terminant en langue de carpe, à double tranchant; fourreau en acier à dos plat, à deux larges bracelets de bélières en argent, plats, se terminant par deux bourrelets et gravés de trophées; le haut du fourreau porte, sur le devant, l'inscription: "Le 1er Consul - au Cen Latour - Cape - à la 68e - ½ Bde de Ligne"; dard en forme de bouton mouluré; longueur 94 cm. (Dernières spires du filigrane restaurées). POINÇONS DE LA GARDE, les bracelets de bélières n'étant jamais poinçonnés: - titre: coq 1er titre des départements, 1798/1809; - orfèvre: "J M" surmonté d'une étoile, non identifié, probablement un orfèvre de Rouen; - garantie: tête de vieillard avec numéro: "88", pour le département de la Seine Inférieure (Rouen); poinçon non visible, se trouvant probablement sous la fusée; - sur le quillon: "B Y", poinçon du 1er contrôleur de la Manufacture de Versailles, Denis BROUILLY et, en dessous, "A". Époque Consulat. Très bon état. Nota: l'arrière du fourreau ne présente pas la signature habituelle: "Mfture - à Verslles". Elle a probablement disparu lors d'un nettoyage ou n'a jamais été gravée. Lettre de la grande chancellerie de la Légion d'Honneur. En partie imprimée, confirmant la réception de son serment et son inscription au matricule de la Légion d'Honneur (3303), datée de Paris, le 23 ventôse an XIII (14 mars 1805), signée par Lacepède: "A Monsieur Latour (Joseph) capitaine au 56e Régt de ligne, Membre de la Légion d'Honneur". Joseph LATOUR a été promu officier de la Légion d'Honneur le 15 juin 1804; il servit en Italie, en 1805, et fut affecté au 19e de ligne, à Gênes, avec le grade de chef de bataillon, le 1er décembre 1806. On ne connaît pas son affectation entre la date de sa nomination d'officier de la Légion d'Honneur, le 15 juin 1804 et sa promotion au 19e de ligne, le 1er décembre 1806. Il fit probablement un court passage au 56e de ligne ou il s'est produit une erreur d'affectation sur ce document. Époque Premier-Empire. Très bon état. PROVENANCE: ancienne collection Charles MARCHAL (dans les années 1970). États de services LATOUR Joseph, Baron, naquit le 1er novembre 1765 à Bordeaux. Soldat dans le régiment de Languedoc-infanterie, du 13 avril 1784 au 4 septembre 1790, il fut élu, le 8 septembre 1791, lieutenant au 3e bataillon de la Gironde (65e, puis 68e demi-brigade de ligne, cette dernière réunie au 56e régiment de ligne). Employé en 1792 et 1793 à l'armée du Rhin, il y reçut un coup de feu dans la poitrine le 21 mai de la dernière de ces années, et obtint le brevet de capitaine le 8 germinal an II. De l'an VI à la paix de Lunéville, il était en Italie: dans cet intervalle, le général en chef MOREAU résolut, le 27 floréal an VII, d'attaquer l'ennemi entre Alexandrie et Tortone, et le bataillon de la 68e, dans lequel servait LATOUR, eut ordre d'éclairer la route de Novi; mais nos troupes, accablées par des forces supérieures, ayant été obligées de repasser la Bormida, ce bataillon se trouva coupé et séparé de l'armée. Assailli par les Russes, il ne lui restait qu'à mettre bas les armes ou à se jeter dans l'Orba. LATOUR conseilla vivement ce parti, chercha un gué, et tout le bataillon se risque dans la rivière dont le cours torrentueux et rapide ne pouvait être traversé sans danger; sur 1 100 hommes, plus de 80 furent entraînés et périrent dans les flots. Dans cette circonstance, 30 officiers ou soldats durent la vie au brave LATOUR: à chaque instant, malgré sa fatigue, il arrachait de nouvelles victimes à la mort, et lui-même manqua de périr, un grenadier, qu'il s'efforçait de ramener sur la rive, s'étant attaché à lui et le serrant avec tant de violence, il lui devint impossible de nager; épuisé, LATOUR allait subir le sort de celui qu'il voulait sauver, lorsqu'un caporal de sa compagnie, nommé LEGUERNEY, se mit à la nage et le poussa sur la rive. Le 12 prairial suivant, le capitaine LATOUR, placé avec 2 compagnies au village de Nucetto, se défendit quatre jours et quatre nuits contre les attaques combinées des Autrichiens et des Barbets. Il continua de résister avec vigueur, lorsque le général GARDANNE, trompé par de faux avis, ordonna l'évacuation de ce poste, dont Brevet d'honneur. Parchemin en partie imprimé avec vignette représentant la République, cachet à sec; signé par le premier consul: "Bonaparte", le secrétaire d'état: "Hugues Maret" et le ministre de la Guerre: "Alex. Berthier". Citation: Bonaparte, premier consul de la République, d'après le compte qui lui a été rendu de la conduite distinguée et de la bravoure éclatante du Cen " Latour (Joseph), Capitaine dans la 68e ½ Brigade d'Infantie de Ligne" à l'affaire "qui eut lieu le 29 germinal, An 8, lors de l'attaque de la montagne de Lirouki di Maldi, dans laquelle il fit mettre bas les armes à 300 hommes. Cet officier a sauvé la vie à plus de 30 militaires qui se noyaient en traversant l'Orba en Piémont; il parvint avec deux compagnies à reprendre le village de Monieto * dont les Barbets s'étaient emparé...". Donné à Paris, le quatre pluviôse an onze de la République française. 34,5 x 43,5 cm. * Il faut lire Nucetto en Piémont. Époque Consulat. Très bon état. l'ennemi s'empara, et qu'il fallut reprendre le lendemain. 4 compagnies d'infanterie et 30 hussards furent destinés à cette expédition, et le soin de la diriger fut confié à LATOUR, bien que deux des capitaines qui devaient le seconder fussent plus anciens que lui, et, selon les règles de la guerre, l'honneur du commandement appartenait à l'un d'eux: LATOUR en fit modestement la remarque; mais le général GARDANNE ayant persisté dans son choix, il se mit en marche à la tête de sa colonne. Il avait dépassé les avant-postes, et n'était plus qu'à une faible distance du village, quant l'officier de hussards s'approche de lui, et lui annonce que ses soldats ont oublié leurs cartouches. "N'avez-vous pas des sabres et nous des baïonnettes," lui répondit-il: en même temps, il s'élance le premier au pas de charge sur les Autrichiens, les culbute et les chasse de Nucetto, où il s'établit d'une manière inébranlable malgré les efforts de l'ennemi pour s'en emparer de nouveau. Le 27 thermidor an VIII, pendant la bataille de Novi, LATOUR, laissé avec 200 grenadiers dans une gorge dont il devait défendre l'entrée, y combattit toute la journée contre des forces constamment supérieures, repoussa vingt assauts, perdit la moitié de son monde, et n'en arrêta pas moins l'ennemi, qui ne put jamais parvenir à le déposter. Le général MOREAU, dans plus d'une occasion, avait été à même d'apprécier la résolution et le dévouement de LATOUR. "Capitaine, lui avait-il dit avant l'action, il faut vous faire enterrer dans cet endroit plutôt que de rompre d'une semelle". Après le combat, il voulut le récompenser en le nommant chef de bataillon, mais LATOUR, toujours en défiance de son propre mérite, demanda à rester dans son grade. Le 29 germinal an VIII, la veille de la retraite de MASSENA sur Gênes, LATOUR donna de nouvelles preuves de valeur à l'attaque de la montagne Lirouki di Maldi. Quoique gravement blessé, il continuait à poursuivre l'ennemi, et se dirigeait seul sur un plateau sur lequel les soldats d'un bataillon autrichien cherchaient à se rallier, quand l'un d'eux qu'il n'avait pas aperçu lui tira par derrière, presque à bout portant, un coup de fusil qui ne l'atteignit pas. Averti par l'explosion, LATOUR se retourne brusquement et se dispose à sabrer l'Autrichien: celui-ci tombe à genoux, implore son pardon, et LATOUR de lui laisser la vie, puis, reprenant sa course, il arrive sous un grêle de balles jusqu'à la tête du bataillon autrichien, le somme de se rendre, et fait mettre bas les armes à 3 000 hommes qui, surpris, épouvantés de son audace, deviennent ses prisonniers. En récompense de ces différentes actions, LATOUR reçut le brevet d'un sabre d'honneur le 19 ventôse an XI, et fut compris comme officier de la Légion d'Honneur dans la promotion du 25 prairial an XII. Employé en Italie pendant la campagne de l'an XIV, chef de bataillon le 1er décembre 1806, et envoyé au 19e régiment de ligne à Gênes, il entra en Catalogne à la fin de 1807, et il y commandait le 4e bataillon, lorsque, le 15 juillet 1808, en marchant sur Girone, il fut grièvement blessé. Porté à Barcelone, il s'y rétablit en quelques semaines, et fut investi du commandement de la place par le général DUHESME. Nommé colonel à la suite le 3 septembre, il continua de servir en Catalogne, fut désigné le 30 octobre 1810 pour commander le 23e régiment de ligne, et rejoignit au mois de décembre les deux premiers bataillons employés en Illyrie. A l'ouverture de la campagne de 1813, il se rendit en Allemagne avec les troupes du 4e corps, et se trouva le 2 mai à la bataille de Lützen, où il se couvrit de gloire en soutenant le choc de trois charges de cavalerie ennemie. A Wurtchen , le 21 mai, son régiment perdit 800 soldats et 40 officiers, lui-même reçut dans les deux cuisses deux coups de biscaïen, et fut contraint de demander l'autorisation de rentrer en France. L'Empereur, avant son départ, lui conféra le grade de général de brigade le 4 août, le créa baron de l'Empire, et le désigna pour être employé au 13e corps aussitôt que sa blessure lui permettrait de rentrer en ligne. Il était encore à Paris lorsque, le 5 mars 1814, à la nouvelle de l'approche des ennemis, il alla prendre à Sens le commandement des cadres des 1er et 2e bataillons du 129e de ligne, avec lequel il tint hardiment tête à plusieurs partis ennemis. Commandant le département de l'Yonne en avril, et mis en non-activité au mois de mai, il reçut la croix de Saint-Louis le 11 octobre, et fut rappelé par l'Empereur au commandement supérieur de Maubeuge le 8 mai 1815. On sait que cette place n'est tenable qu'autant qu'elle est protégée par son camp retranché. Le général LATOUR n'avait avec lui que quelques bataillons de gardes nationales actives et 46 canonniers du 6e régiment d'artillerie à pied, et ce fut avec de si faibles moyens qu'il résolut de soutenir un siège. Maubeuge fut entièrement bloqué le 21 juin par le Prince Louis de Prusse qui s'étant approché des remparts, commença le bombardement le 29, et, sous la protection de 40 bouches à feu, ouvrit la tranchée le 10 juillet. Dès le lendemain du blocus, un soulèvement se manifesta parmi les habitants pour forcer le gouvernement à rendre la place; mais le général n'écoutant que son devoir, persista dans sa défense héroïque, et ce ne fut que le 12 juillet, sur l'avis du conseil qui déclara que le corps de la place n'était plus à l'abri d'une attaque de vive force, que le général LATOUR envoya des propositions au Prince. Celui-ci, pénétré d'estime pour le général français, les accueillit avec générosité, et consentit à ce que la garnison sortir des murs avec ses armes, ses bagages et ses canons. Une commission d'enquête reconnut, le 23 septembre, que le général LATOUR avait fait dans cette circonstance tout ce que son devoir et son honneur lui prescrivaient. Admis à la retraite le 6 novembre suivant, en vertu de l'ordonnance du 1er août, cet officier général est mort à Paris le 1er novembre 1833. Référence: Fastes de la Légion d'Honneur, biographie de tous les décorés, tome 5e, pages 561, 562 et 563; Paris 1847.
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